La Grande Mosquée de Kairouan, ou Mosquée Oqba Ibn Nafaa (en hommage à son fondateur) est considérée en Occident Musulman comme l'ancêtre de toutes les mosquées du Maghreb. Elle date de 670, lorsque la ville de Kairouan est fondée, et s'étend sur 900 m². Son minaret, certainement le plus vieux du monde, s'élève à 31,5 m. Par sa hauteur, le minaret ne servait pas seulement pour l'appel à la prière, mais il servait aussi de tour de guet. La Grande Mosquée est un édifice de taille : quadrilatère irrégulier de 414 m de périmètre ; pierres de 1,90 m d'épaisseur ; une salle de prière accessible par 14 portes, divisée en 17 nefs de 8 travées comportant plus de 300 colonnes ; une maksoura composée de plus de 300 pièces sculptées en bois de teck. Une légende raconte qu'on ne pouvait compter les innombrables colonnes de la Grande mosquée sans devenir aveugle.
Sous les Aghlabides, Kairouan est la capitale de l'Ifriqiya. Le calife omeyade Hicham ben Abd al-Malik donne l'ordre au gouverneur de Kairouan de construire 15 bassins pour alimenter la ville en eau. Mais le bassin des Aghlabides, le plus célèbre, est édifié par le souverain aghlabide Ibrahim Ier Ibn Al-Aghlab entre 859 et 863 : c'est un réservoir constitué de 2 citernes circulaires découvertes et communiquant entre elles. Le grand bassin est un polygone de 64 côtés mesurant 129,67 mètres de diamètre intérieur et d'une capacité de 57764 m³. Le petit bassin est un polygone simple de 17 côtés faisant 37,40 mètres de diamètre intérieur et d'une capacité de 4119 m³. Les eaux de débordement de l'oued Mergellil étaient recueillies dans le plus petit bassin où elles décantaient avant de transiter par le grand bassin pour alimenter en partie la ville.
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Aux premiers siècles de l'ère islamique, l'émirat aghlabide de Kairouan paie partiellement le tribut de souveraineté au calife de Bagdad en tapis. Au début du XXe siècle, la qualité du tapis tunisien se dégrade en raison du mauvais usage des teintures artificielles, ce qui a conduit une famille kairouanaise à produire le alloucha, un nouveau type de tapis noué à la main qui reprend les couleurs de la laine de mouton et dont un champ hexagonal occupe le centre au moyen d'un motif en forme de losange. La zarbia est un modèle amélioré du alloucha qui est plus riche en couleur et en formes. Kairouan produit aussi un tapis tissé, le mergoum, qui utilise un dessin géométrique berbère léger avec une multitude de couleurs.
Kairouan est également célèbre pour ses pâtisseries, les makroudhs, répandus dans toute l'Afrique du Nord dans des variantes plus ou moins proches. Le makroudh est préparé en superposant une couche de pâte à base de semoule de blé dur et une couche de pâte de dattes. Le tout est ensuite roulé, puis découpé sous forme de losanges avant la cuisson et le plus souvent frit dans une huile végétale. Le makroudh est ensuite trempé dans un sirop mielleux à base de sucre et de citron ou de zestes d'oranges et agrémenté de graines de sésame. Il est enfin servi à froid. Il se déguste les yeux fermés avec un bon thé à la menthe.
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