Le chef Rajput Bhatti, Rawal Jaisal, déserta son ancienne capitale de Lodurva, à 17 km, pour fonder Jaisalmer en 1156, attiré par la vaste oasis du site et la défense naturelle qu'offraient les monts Trikuta. C'était aussi un rendez-vous avec le destin parce des siècles plus tôt, Krishna aurait prédit qu'un descendant éloigné de son clan lunaire y monterait sur le trône. La famille dirigeante de Jaisalmer qui prétendait descendre de Krishna et de la lune, n'avait que des meubles en argent dans son palais, la teinte lunaire de ce métal étant censé leur conférer une force talismanique.
Protégée contre les sables mouvants et les maraudeurs féodaux par un énorme double rempart abrupt de pierres, Jaisalmer devint une forteresse prospère et convoitée sur la grande route des épices de Perse et d'Afghanistan. Elle se développa en une cité de caravansérails, de vastes bâtiments entourant une cour centrale dans lesquels s'abritaient les marchands. Finalement, en 1295, le clan des Rajput reconnut l'imminence de sa défaite.
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Jaisalmer connût une ère plus paisible quand elle fit partie de l'empire Moghol à la fin du 17éme siècle, et prospéra comme comptoir commercial pour la soie, les épices, l'indigo et l'opium. Marchands, banquiers et artisans Hindous et Jaïens s'y établirent et construisirent de splendides demeures ornées de balcon en alvéoles...
La prospérité de Jaisalmer déclina avec l'ouverture du port de Bombay, mais elle subit une crise encore pire à la suite de la partition en 1947, quand les itinéraires traditionnels vers le Pakistan furent soudain coupés. Ce n'est que lorsqu'elle devint base militaire importante au cours des guerres Indo-Pakistanaise, en 1971 que Jaisalmer sortit de son isolement presque médiéval, et fut relié par la route et le rail au reste du Rajasthan...
Aujourd'hui la principale source de revenu repose sur les touristes qui, depuis sa "découverte" au début des années 70, partent en safari à dos de chameau et achètent les superbes broderies locales. Elle repose aussi sur les militaires de service à la frontière qui traînent dans les bazars, un cigarillos à la bouche, pendant leur permission. A cela il faut ajouter les revenus de commerces illicites en pleines expansions, d'articles de marché noir, passés en contre bande par les conducteurs de chameaux à travers les dunes qui séparent l'Inde du Pakistan...
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