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Agra, en tant que ville, n'a guère de séduction. Mais on ne vient pas ici pour la ville... C'est qu'Agra constitue l'un des hauts lieux de l'art et de l'architecture Moghol. Ses deux monuments les plus prestigieux, le Taj Mahal et le Fort Rouge, illustrent la perfection esthétique qu'atteignit l'art hindo-musulman sous la dynastie moghol.
Achevé en 1648 après 17 années d'efforts qui saignèrent les finances du royaume, le Taj Mahal fut bâti sur la rive sud de la Yamuna par l'empereur Shah Jahan à la mémoire de son épouse défunte Mumtaz Mahal. L'histoire raconte que c'est en donnant naissance à son quatorzième enfant que la jeune femme succomba. L'empereur fut inconsolable. Lorsque le mausolée fut terminé, il envisagea d'en faire construire un autre pour lui-même, tout de marbre noir, sur l'autre rive de la Yamuna, qui aurait été relié au Taj Mahal par un pont de marbre jeté en travers de la rivière...
Ce projet mégalomaniaque fut cependant contrarié et annulé. En effet, le fils de Shah Jahan, le futur empereur Aurangzeb, détrôna son père et l'emprisonna au Fort Rouge. De là, il pouvait voir le Taj Mahal où reposait sa bien-aimée. Il y resta huit années avant de mourir.
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Aurangzeb devait ensuite s'illustrer par une conception fanatique de l'Islam (contrairement aux empereurs Moghols qui l'avaient précédé) et par des campagnes massives de destructions de temples hindous, dont l'Inde souffre encore aujourd'hui, tellement le patrimoine perdu fut énorme.
On ne peut s'approcher du Taj Mahal qu'à pied ou en cyclo-pousse. Les voitures sont interdites. Ce n'est qu'après avoir franchi une porte monumentale, un chef-d'oeuvre de grès rouge et de marbre blanc, surmontée de deux séries de onze clochetons et quatre petits pavillons flanquant chacun des angles, que l'on pénètre dans ses immenses jardins. Au fond d'une superbe perspective, se dresse le Taj Mahal, surélevé sur son socle quadrangulaire. Selon l'heure de la journée et l'éclairage, il apparaît différent : tout blanc, éclatant, bleuté, voire même rosé...
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